NewsLetter Précédente
Retour au sommaire
Contacter Isabelle

Newsletter n°11 – 29 novembre 2004

La fête (2/3)

de droite à gauche (à l’arabe !) : isa, Zélie, Naïma, Lila, Aya et Khadija, la sœur de Naïma

Donc, nous voilà partie chez la tante de Naïma, Zahra, pour nous changer ( avant, on était chez sa sœur, vous avez suivi ?) C’est très rigolo de voir comment les femmes s’habillent, ici : mieux vaut, en fait, ne PAS savoir… mais comme je suis une grande curieuse, je vous dis tout : sous leurs djellabah, elles sont en pyjama ! Enfin… au mieux ! Autrement, dans le désordre, elles portent des collants multicolores en laines, des caleçons chauds, des pulls à fleurs, des chemises de nuit… en tous cas, épaisseur sur épaisseur pour ne pas se laisser manger par le froid. Et par-dessus, elles mettent leurs sublimes caftans dorés, et elles se maquillent avec soin, sans rien oublier : fond de teint, anti-cernes, kohl, eye-liner, crayon à lèvres, rouge à lèvres, et vernis à ongles. Et parfum. Elles sont au top de la cosmétiques, et ne manquent pas de s’inspecter les unes les autres pour vérifier que tout est en ordre, et parfaitement soigné.

C’est sûr que ça en jette ! Nous voilà donc, les 7 princesses, parties pour la seconde fête, où l’on célèbre la naissance de deux cousins le même jour. Moi, je dénote un peu : j’ai osé mettre un pantalon long et large sous mon caftan, et Naïma m’a dit que c’est pas beau. Tant pis, ça ira bien comme ça, je suis sûre qu’on pardonnera à la française (enfin… j’espère !)

Nous arrivons donc à la fête, il est 9h. Nous attendons, assises au milieu des vêtements d’apparât, que le thé arrive. Cette fois-ci, heureusement, les danseuses et chanteuses font le spectacle. Bien entendu, ce sont les reines du déhanchement, mais elles font aussi le spectacle en détachant leurs cheveux, et en les balançant partout, c’est assez impressionnant. On me demande de l’argent. Manque de pot, je n’en ai pas (pas prévu !) et Naïma paie pour nous toutes.

 

Après le thé (une heure d’attente), les plats arrivent. Je suis toujours estomaquée par ce rituel presque bestial et immuable : d’abord, on nous passent une bouilloire d’eau pour se rincer les mains. Ensuite, le tagine arrive (ici, poulet aux olives, puis mouton aux pruneaux). Tout le monde mange avec les mains, et avec le pain. On a donc les doigts poisseux, et la bouche, et tout ce qu’on a touché avec la nourriture (les verres, qu’on partage, par exemple) pour manger les fruits qui arrivent pour clore le repas. Des femmes se pressent pour enlever les plats dès qu’on a fini. Il n’en reste pas beaucoup, du beau tagine fumant ! un tas d’os et de graisse, des noyaux… Le repas ne dure pas plus d’un quart d’heure. Personne ne se parle. Tout le monde se goinfre ! (il faut dire qu’on a tellement attendu), et dès les épluchures déblayées, on s’en va. C’est là que ça a commencé à se gâter…

 

Je vous passe les détails : il était très tard, les enfants avaient froid, j’ai un peu pressé tout le monde pour rentrer dans la voiture… et une partie du caftan de Khadija (la sœur de naîma) est resté coincée dans la portière. Il flottait donc au vent, dehors… C’est à ce moment-là qu’on a croisé un chien errant, et que, deux minutes plus tard, Khadija a hurlé un truc genre " STOP ! ", et continué à crier plein de trucs auxquels je ne comprenais rien, si ce n’est les mots " ma fille ", " froid ", " au revoir "… ce qui fait un peu court pour reconstituer une conversation…

Les filles ont commencé à pleurer, à dire qu’elles ne voulaient pas dormir ici. Moi, je n’avais qu’une envie : RENTRER CHEZ MOI… mais je suis restée parce que Naïma me le demandait. Bien sûr, je me sentais coupable pour le caftan, tout en me disant que ce n’était pas une catastrophe non plus…

La nuit fut… courte, dirons-nous.

Et pour savoir ce qui s’est passé au réveil… rendez-vous dans la prochaine newsletter !

NewsLetter Suivante
Retour au sommaire
Contacter Isabelle