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Newsletter n°10 - 28 novembre 2004

La fête (ou plutôt : " comment j’y ai survécu ") (1/3)

 

et pas lui.

Dans une newsletter précédente, je vous avais parlé d’un mariage, en regrettant d’avoir raté la plus grosse partie de la fête. Voilà qui est réparé…

Naïma m’a invitée à me rendre à une fête dans sa famille à Ben Guerir (60km de Marrakech sur la route de Casa). J’ai sauté sur l’occasion, trop contente de continuer mon étude anthropologique, et je n’ai pas été déçue.

Ici, en ce moment, c’est le grand moment des fêtes, puisqu’au Ramadan ont succédé les trois jours de l’Aïd (littéralement : " la fête ") qui célèbrent la fin du jeûne… Donc, dans cette ambiance survoltée, je me suis dit qu’une fête à voir de l’intérieur dans un village (genre village typique, mais typique moche), ne pourrait être que fort intéressant. Grave erreur. Ce fut fort chiant.

là, ça ne se voit pas

 

1ère fête. Arrivée à midi.

On fête le retour au Maroc d’une nièce de Naïma, partie s’installer en Italie, et enceinte a fortiori.

On arrive donc chez la demi-sœur de Naïma (qui s’est mariée avec l’oncle de sa belle-mère, elle n’était la fille que de son père… vous n’avez pas compris ? moi, il m’a fallu un dessin pour comprendre !), et on monte dans le salon. Là, sur les banquettes sont déjà installées une dizaine de personnes, qui ne se parlent pas, et qui attendent en silence.

Peu à peu, les invités arrivent, et je me félicite qu’on ait été en retard. Vers 2h, on nous sert le thé et les gateaux, fruits secs etc…(je vous rappelle donc que ça fait deux heures que nous sommes assis sur les banquettes à attendre), puis on attend encore deux heures pour avoir le déjeuner, un magnifique tagine au poulet, suivi d’un riz sucré aux amandes. Enfin, nous allons pouvoir sortir de là… Que nenni !

 

 

Les femmes d’un côté, les hommes de l’autre. Quand je demande à Naïma pourquoi, elle me répond " il n’y a pas assez de place "

 

 

A droite, Mza, enceinte ; à gauche sa belle-mère ; au centre, Fouzia, autre nièce fort jolie de Naïma

 

Heureusement, les enfants ont pu jouer sur la terrasse, avec un mouton qui attendait son heure (la mienne allait bientôt venir aussi !)

Naïma a la bonne idée de nous proposer une promenade. En revenant, j’apprends qu’ils ont occis la bête, devant Zélie, qui, effarée, m’a raconté la scène avec effroi et courage (" je me suis sauvée pour pleurer, y’avait du sang partout, et le mouton, il bougeait ses pattes, comme ça (geste à l’appui) ")

 

Le mouton avant, le mouton après… on est bien peu de choses !

 

" On va prendre le goûter " m’annonce Naïma. " Mais on VIENT de prendre le goûter " lui répond-je ! non, non : le goûter, ce sont les abats du mouton (foie, cœur) enroulés dans de la graisse de l’animal, dont on fait des brochettes. Ca n’a pas l’air, comme ça, mais c’est très bon, pour autant qu’on aime les abats. Très bon, mais très long. Il est 7h quand on sort du " goûter ".

On fait le brasier au milieu du salon pour faire cuire les brochettes

Les filles m’ont bien demandé une bonne cinquantaine de fois quand on s’en va pour se changer, et s’habiller en princesse.

Justement, on y va… suite au deuxième épisode.

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